Promouvoir la recherche en tenant compte de sa diversité

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Chaque fois que je parle avec un collègue à l'UNamur, je découvre des projets de recherche passionnants, un enthousiasme et un dynamisme remarquables, et, parfois, de la frustration quant à la reconnaissance (interne et externe) et à la visibilité de ces recherches. Comment promouvoir cette richesse en recherche en tenant compte de la diversité des domaines et des cultures de recherche ?

Je distinguerais quatre grandes dynamiques de recherche qui s'adressent à des acteurs différents et requièrent une approche différente en termes de reconnaissance, de visibilité et de promotion.


Certaines thématiques sont en lien étroit avec de grands enjeux de société, comme la santé, le vieillissement, le digital ou le développement durable. Ces recherches bénéficient d’une attention particulière des acteurs publics et des citoyens. Elles doivent être notre priorité en matière de communication grand public, de vulgarisation, de médiation et de valorisation. Elles doivent aussi prendre particulièrement en considération le regard interdisciplinaire que ces enjeux de société réclament. Développer cette interdisciplinarité est plus simple dans une institution de notre taille, qui devient par conséquent un atout. Cela reste néanmoins un défi qui doit être reconnu et faire l'objet d'un soutien. Il ne s’agit pas de limiter ces recherches à des recherches appliquées, directement valorisables, mais de profiter de l’attention dont bénéficient ces domaines pour mettre en évidence l’expertise de l’UNamur et l’apport de nos chercheurs à ces enjeux sociétaux. La visibilité accrue, auprès des décideurs publics et des citoyens, de quelques domaines phares doit pouvoir rejaillir sur l’ensemble de l’université tant en termes de visibilité que de moyens pour la recherche.


D'autres dynamiques combinent démarche de recherche et impact social : des recherches qui, par leur approche méthodologique ancrée dans la réalité sociale (exemple : recherche-action) ou par les partenariats qu’elles mettent en œuvre (citoyens, ONG, partenariats Nord-Sud…), visent tant des résultats scientifiques de qualité qu’une contribution sociale. Ces recherches réclament, de la part des chercheurs, un investissement combinant qualité de la recherche et service à la société, via tant des publications scientifiques « classiques », que des outils de transfert de connaissances garantissant cet impact social. Le Confluent des Savoirs peut dans ce contexte accompagner les chercheurs dans la création de ces outils de transfert. Mais il est important de reconnaître l’investissement spécifique que requiert ce type de recherche.


Dans certains domaines, nous possédons des niches d’excellence qui pourraient nous permettre d’entrer dans des rankings internationaux thématiques, malgré notre petite taille. Il est en effet possible de progresser dans les rankings par l’intermédiaire d’une approche se focalisant sur quelques disciplines dont les modes de recherche correspondent à leur logique et pour lesquelles la taille et l’excellence des équipes permet de nous positionner. Une stratégie de recrutement permettant de renforcer ces niches d’excellence favoriserait également cette progression dans les rankings thématiques. Nous ne pouvons plus continuer à rester en dehors de ces rankings, même si nous n’adhérons pas toujours à leur philosophie. Cela pèse sur l’image internationale (et nationale) de l’université. Nous devons définir une approche ciblée et cohérente avec nos valeurs.


Nous devons aussi promouvoir les recherches plus "classiques" du monde universitaire, en général très disciplinaires, indispensables au développement de la connaissance et à la qualité de l’enseignement, mais parfois plus difficiles à valoriser, voire à financer, si ce n’est par des organismes comme le FNRS. Ces recherches sont parfois moins lisibles pour le grand public et ne récoltent pas toujours du soutien de la part des décideurs publics. Elles sont pourtant au cœur de l’identité et du rôle de l’université. Leur défense doit être une priorité de la collaboration inter-universitaire.

Promoting research taking into account its diversity

Every time I speak with colleagues at UNamur, I discover exciting research projects, remarkable enthusiasm and drive, and, at times, frustration with the recognition (internal and external) and visibility of their research. How can this wealth of research be promoted while taking into account the diversity of research fields and cultures?

I would distinguish four major research dynamics which are addressed to different actors and require a different approach in terms of recognition, visibility and promotion.


Certain themes are closely linked to major societal issues, such as health, aging, digital technology or sustainable development. This research receives special attention from public actors and citizens. They must be our priority in terms of communication to the general public, vulgarization, mediation and promotion. They must also take particular account of the interdisciplinary perspective that these societal issues require. Developing this interdisciplinarity is easier in an institution of our size, which consequently becomes an asset. But it remains a challenge that must be recognized and receive support. It is not a question of limiting this research to applied research, directly exploitable, but of taking advantage of the attention given to these fields to highlight the expertise of UNamur and the contribution of our researchers to these issues. societal. The increased visibility, with public decision-makers and citizens, of a few key areas must be able to reflect on the whole university both in terms of visibility and of resources for research.


Other dynamics combine a research approach and social impact: research which, by its methodological approach anchored in social reality (example: action research) or by the partnerships that it implements (citizens, NGOs, North-North partnerships Sud…), aims for both quality scientific results and social contribution. This research requires, on the part of researchers, an investment combining quality of research and service to society, via both “classic” scientific publications, and knowledge transfer tools guaranteeing the social impact. The Confluent des Savoirs can in this context support researchers in the creation of these transfer tools. But it is important to recognize the specific investment that this type of research requires.


In some areas, we have niches of excellence that could allow us to enter thematic international rankings, despite our small size. It is indeed possible to progress in rankings through an approach focusing on a few disciplines whose research methods correspond to ranking logic and for which the size and excellence of the teams allow us to position ourselves. A recruitment strategy to strengthen these niches of excellence would also promote this progression in the thematic rankings. We can no longer continue to stay outside these rankings, even if we do not always adhere to their "philosophy". This weighs on the international (and national) image of the university. We must define a targeted approach consistent with our values.


We must also promote more "classic university research", generally very disciplinary, essential for the development of knowledge and the quality of teaching, but sometimes more difficult to promote, or even to fund, if not by organizations like the FNRS. This research is sometimes less readable for the general public and does not always garner support from public decision-makers. Yet they are at the heart of the university identity and role. Their defense must be a priority of inter-university collaboration.

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