Se connaitre, se reconnaitre, se respecter

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Difficile de créer une relation de travail ou d'enseignement dans la confiance et le respect si l'on ne se connait pas, si l'on ne sait pas ce que fait l'autre, si l'on ne prend pas en compte sa situation...

A plusieurs reprises, j’ai été frappée par le manque de connaissance que les membres de l’université ont du travail et des responsabilités de leurs collègues, au-delà de leur environnement direct. Par mon propre manque de connaissance, que j'essaie de combler en échangeant avec toujours davantage de personnes. Certains membres du personnel ATG ne savent pas trop ce que fait un académique ou un scientifique, et certains académiques ne comprennent pas toujours ce que font les membres de tel ou tel service. En dehors des étudiants impliqués dans nos instances, les étudiants ne savent pas vraiment ce que font les membres du personnel. Ils ignorent souvent que leurs enseignants, assistants comme professeurs, sont aussi des chercheurs. Et, malgré notre volonté et nos actions de proximité, nous ne connaissons pas toujours les particularités de nos étudiants, dans la grande variété de profils qu’ils représentent.

« Honnêtement, je ne sais pas ce qu'ils font dans ce service... » « Et cet académique, il est toujours à l'étranger... » « Le prof n'a que 4 heures par semaine, on l'a vu dans ADE, et il ne nous répond pas dans la journée... » « Les étudiants manquent d'esprit critique ! »

J'ai moi-même pris conscience de ma méconnaissance de la réalité très diversifiée des étudiants il y a quelques années. Un étudiant défendait son mémoire en juin (ce qui n'est pas commun) et j'étais dans le jury... C'était un vendredi. Après la délibération, je l'ai félicité en lui disant qu'il pourrait profiter d'un weekend reposant bien mérité. Il a souri. Et il m'a répondu que non, qu'il travaillerait dès 5 heures du matin le lendemain, comme il le faisait depuis le début de ses études, tous les weekends, en renforçant les équipes de ramassage de poubelles de Bruxelles.


Plus récemment, lors des échanges avec les étudiants et les doyens pour faire le point sur la session d'examen de janvier, les étudiants de l'AGE nous ont présenté une enquête à laquelle un étudiant sur six a répondu (!), nous avons pu apprécier les nuances importantes apportées par les étudiants dans l'analyse. Oui, il y a eu des couacs et il faut les gérer, mais l'investissement et la bonne volonté de la grande majorité des intervenants est reconnue. De même, les retours de terrain des doyens ont permis de jauger la situation avec finesse, en mettant en évidence la grande diversité des sensibilités des uns et des autres, étudiants et personnel, par rapport à la situation. Cela ne facilite pas la mise en oeuvre de solutions "clés en main", mais cette subtilité, cette reconnaissance de la diversité, évitent de tomber dans la caricature...


Créer cette reconnaissance mutuelle demande de mettre en place des lieux et de moments d’interaction, d’échange, et de retrouver cette convivialité au sein de la communauté universitaire. La proximité est notre différence : cultivons-la.

Knowing each other, recognizing each other, respecting each other

It is difficult to create a working or teaching relationship with trust and respect if you don't know each other, if you don't know what the other is doing, if you don't take into account their situation...

On several occasions, I have been struck by the lack of knowledge that members of the university have of the work and responsibilities of their colleagues, beyond their immediate environment. By my own lack of knowledge, which I try to fill by exchanging with more and more people. Some administrative staff are not sure what an academic or scientist is doing, and some academics do not always understand what members of a particular service are doing. Apart from the students involved in our bodies, the students don't really know what the staff members do. They are often unaware that their teachers, assistants as well as professors, are also researchers. And, despite our goodwill and our local actions, we do not always know the particularities of our students, in the increasingly wide variety of profiles they represent.

"Honestly, I don't know what they do in this administration..." "This academic, he is still abroad..." "The teacher only has 4 hours a week, we see it in ADE, and she did not answer our email during the day ..." "The students lack critical thinking!"

I myself became aware of my ignorance of the very diverse reality of students a few years ago. A student defended his master's thesis in June (which is not common) and I was part of the jury... It was a Friday. After the deliberation, I congratulated him by telling him that he could enjoy a well-deserved restful weekend. He smiled. And he replied that he would work at 5 am the next day, as he had been doing since the beginning of his studies, every weekend, by reinforcing the garbage collection teams in Brussels.


More recently, during discussions with students and deans to take stock of the January exam session, students from the Students General Assembly (AGE) presented us with a survey to which one in six students responded (!). We could appreciate the important nuances brought by the students in the analysis. Yes, there were hiccups and they must be managed, but the investment and the goodwill of the vast majority of stakeholders is recognized. Likewise, feedback from the deans made it possible to assess the situation with finesse, highlighting the great diversity of sensitivities of university members, students and staff, in relation to the situation. This does not facilitate the implementation of "turnkey" solutions, but this subtlety, this recognition of diversity, avoids falling into caricature ...


Creating this mutual recognition requires setting up places and moments of interaction, exchange, and rediscovering the conviviality within the university community. Proximity is our difference: let's cultivate it.

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