Affirmer le rôle de l'UNamur face aux enjeux sociétaux

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L'Université de Namur a assumé ses responsabilités académiques et sociétales dans le contexte de la crise. De nombreux projets innovants et la mise à disposition d'expertises se sont développés pour contribuer à l'effort de diagnostic, de sensibilisation, d'explication, d'anticipation... Ces contributions font partie des missions de l'université, qui met son enseignement et sa recherche au service de la société. Elles participent également à la plus grande visibilité de la recherche scientifique, et, plus particulièrement, de notre université. Après la crise, que devons-nous retenir de ces expériences et comment pouvons-nous affirmer toujours plus le rôle de notre université face aux enjeux sociétaux qui n'auront pas disparu ?

Quelle émotion de voir la communauté universitaire se mobiliser pour développer en quelques semaines le projet SANA, suivi très vite d'autres projets mettant la science au service de la société ! Quelle fierté de voir Jean-Michel, Jean-Philippe, Catherine, Benoit, Nicolas, et bien d'autres, sur des plateaux de télévision, tenter d'expliquer une situation complexe aux citoyens, avec intelligence, nuance et recul critique...

Est-ce à dire que nous ne nous mettions pas au service de la société avant ? Bien sûr que non... Cependant, le contexte de la crise a donné à ce service une autre dimension et une plus grande visibilité. Est-il possible de prolonger cette expérience ultérieurement ?


Une autre dimension d'investissement

Pendant quelques mois, une partie du personnel a consacré du temps, parfois important, à une mission différente, dans le cadre de SANA et d'autres projets. Certains étaient moins occupés, car leurs tâches devenaient difficilement réalisables à distance. D'autres ont mis en suspens leurs recherches ou leurs dossiers, avec le soutien de leurs responsables, pour consacrer leur temps au projet. D'autres enfin ont essayé de tout combiner, grappillant quelques heures ici et là pour participer ou pour développer d'autres initiatives. Nous étions dans l'extrême urgence et nous avions la possibilité, collectivement, d'apporter notre pierre à l'édifice. Toutes les personnes qui se sont investies dans ces projets en ont retiré une grande satisfaction : la conviction d'être utile, d'apporter du sens dans un contexte insensé, l'opportunité de rencontres improbables, la participation à un effort collectif, la fierté d'appartenir à une institution qui se met au service de la société. De cette situation exceptionnelle, pouvons-nous tirer des enseignements pour le "retour à la normale" ?

Les projets développés pendant la crise ont en commun plusieurs caractéristiques : ils sont spontanés, ils cherchent à apporter une solution rapide à une problématique de société, ils sont portés par une ou plusieurs personnes auxquelles d'autres, venant d'horizons multiples, se joignent dans une démarche volontaire et bénévole, ils sont souvent peu coûteux, et ils constituent une parenthèse dans les missions habituelles des personnes qui s'y investissent. Pour une analyse un peu plus détaillée, voir : (https://eua.eu/resources/expert-voices/183:how-covid-19-crisis-influenced-innovation-activities-at-your-university.html).

Ne pourrions-nous pas soutenir, même en dehors de ce contexte de crise, de tels projets qui répondent à un besoin, motivent les personnes et correspondent au nécessaire engagement citoyen de l'université ? C'est déjà la démarche qui a été adoptée en réinvestissant une partie des bénéfices des actions menées dans un appel à projets de recherche en lien avec les problématiques de santé publique. Nous pourrions élargir cette démarche en prévoyant un soutien structurel et une reconnaissance aux projets d'engagement citoyen des membres du personnel, comme cet engagement est de plus en plus soutenu dans le parcours des étudiants. Ceci pourrait prendre la forme d'un appel annuel à "projets innovants et responsables", doté d'un petit budget, pour lesquels les porteurs de projet retenus bénéficieraient d'un "crédit temps" leur permettant de mener à bien le projet, au service de la société.


Une plus grande visibilité de l'UNamur au travers de ses experts

Avant la crise, il était parfois difficile de mobiliser des chercheurs pour qu'ils répondent à des demandes de la presse. Ceci a changé durant la crise. Nos chercheurs se sont également mobilisés pour mettre leur expertise au service de la communication vers le grand public, essayant d'expliquer, de vulgariser, en restant ancrés dans la rigueur scientifique, dans un contexte d'informations parfois cacophonique. Se faisant, ils ont rempli une mission importante de mise à disposition de la science pour les citoyens. Ils se sont aussi exposés à la critique, parfois violente, dans des arènes politique et journalistique dont les codes sont bien différents de ceux de la science. Un accompagnement des personnes très exposées a débuté afin de les aider à gérer ces codes.

La médiatisation de certains de nos chercheurs durant la crise a rejailli sur l'ensemble de l'UNamur, devenue extrêmement visible comme une université riche de compétences pointues, de capacités pédagogiques et de sens du service. Cette mobilisation, cette visibilité, nous devons la maintenir après la crise, en veillant à promouvoir les expertises auprès de la presse et du monde politique, en accompagnant ceux qui se retrouvent soudainement exposés, en les outillant pour que cette exposition leur soit bénéfique et rejaillisse sur l'ensemble de l'université.

Asserting the role of UNamur in coping with society challenges

The University of Namur endorsed its academic and societal responsibilities in the context of the crisis. Innovative projects and the provision of expertise have contributed to the effort of diagnosis, awareness, explanation, anticipation ... These contributions are part of the missions of the university, which puts its teaching and research in the service of society. They also contribute to the greater visibility of scientific research, and, more particularly, of our university. After the crisis, what should we learn from these experiences and how can we increasingly assert the role of our university in the face of societal challenges that will not have disappeared?

What an emotion to see the university community mobilize to develop the SANA project in a few weeks, followed very quickly by other projects putting science at the service of society! What a pride to see Jean-Michel, Jean-Philippe, Catherine, Benoit, Nicolas, and many others, in television studios trying to explain a complex situation to citizens, with intelligence, nuance and critical perspective...


Does this mean that we did not put ourselves at the service of society before? Of course not... However, the context of the crisis gave this service another dimension and greater visibility. Is it possible to extend this experience later?


Another level of investment

For a few months, part of the staff devoted time, sometimes significant, to a different mission, within the framework of SANA and other projects. Some were less busy, as their tasks became difficult to accomplish remotely. Others put their research or files on hold, with the support of their managers, to devote their time to the project. Still others have tried to combine everything, scavenging a few hours here and there to participate or to develop other initiatives. We were in an extreme emergency and we had the possibility, collectively, to do our bit. All the people who have invested in these projects have derived great satisfaction from them: the conviction of being useful, of bringing meaning in an insane context, the opportunity for improbable encounters, participation in a collective effort, pride to belong to an institution that puts itself at the service of society. From this exceptional situation, can we learn any lessons for the "return to normalcy"?

The projects developed during the crisis have several characteristics in common: they are spontaneous, they seek to provide a quick solution to a societal issue, they are led by one or more people to whom others, coming from multiple backgrounds, join in a voluntary approach, they are often inexpensive, and they constitute a parenthesis in the usual missions of the people who invest in them. For a slightly more detailed analysis, see: (https://eua.eu/resources/expert-voices/183:how-covid-19-crisis-influenced-innovation-activities-at-your-university.html).

Could we not support, even outside this context of crisis, such projects which meet a need, motivate people and correspond to the necessary civic commitment of the university? This is already the approach adopted by reinvesting part of the benefits of the actions carried out in a call for research projects related to public health issues. We could extend this approach by providing structural support and recognition for civic engagement projects of staff members, as this engagement is increasingly supported in the course of students. This could take the form of an annual call for "innovative and responsible projects", endowed with a small budget, for which the successful project leaders would benefit from a "time credit" allowing them to carry out the project, at the service of the society.


Greater visibility of UNamur through its experts

Before the crisis, it was sometimes difficult to mobilize researchers to answer requests from the press. This changed during the crisis. Our researchers were and are still present to put their expertise at the service of communication to the general public, trying to explain, to vulgarize, while remaining anchored in scientific rigor, in a context of sometimes cacophonous information. In doing so, they fulfilled an important mission of making science available to citizens. They have also exposed themselves to criticism, sometimes violent, in political and journalistic arenas whose codes are very different from those of science. Some support has been giving to those highly exposed researchers in order to help them manage these codes. The media coverage of some of our researchers during the crisis has an impact on the whole university, which has become extremely visible as a university rich in specialized skills, pedagogical capacities and sense of service. This mobilization, this visibility, we must maintain them after the crisis, by ensuring to promote the expertises to the press and the political world, by supporting those who find themselves suddenly exposed, by equipping them so that this exposure is beneficial to them and impacts the whole university.

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